La recherche, c'est aussi se mettre en scène au travail

Bonjour à toutes et tous,

Après m'être exercé aux encrages au stylo tubulaire (cf. dernière note) et au porte-mine (cf. avant-dernière note), j'ai encore testé une nouvelle technique : l'encrage à la tablette informatique. Je vous prie donc d'excuser le côté parfois approximatif de certains dessins.
Concernant le contenu de la note, je vous laisse découvrir !

Je signale par ailleurs qu'en dessous de la note, je liste quelques publications réalisées en dehors du blog et susceptibles de vous intéresser. J'y donne aussi quelques nouvelles de LM, qui continue sa folle production BDesque, à laquelle vous devriez également jeter un œil !

En vous souhaitant une bonne lecture et un bon été ! :)
NOP







Vous l'aurez probablement compris : la question de la mise en scène de son travail est une chose avec laquelle je suis assez mal-à-l'aise. En effet, cela a tendance à m'agacer quand je vois les autres le faire... et, en même temps, je dois bien reconnaitre que je le fais, moi aussi, très régulièrement (notamment via le compte Twitter du blog).

Ce paradoxe est, il me semble, liée à des impératifs professionnels qui sont non seulement pluriels mais aussi contradictoires. Par exemple entre le fait, d'une part, de se montrer passionné par son travail et, d'autre part, de parvenir à mettre des frontières entre sa vie professionnelle et personnelle.
Difficile donc de juger de la bonne manière de se comporter, que ce soit dans les locaux de l'université, dans son laboratoire, mais aussi sur les réseaux sociaux.
Cela va évidemment dépendre des situations (selon le lieu, l'heure, les personnes présentes, etc.), mais aussi selon les "styles" de professionnel-les des personnes concernées. En effet, selon la manière dont on hiérarchise les différentes règles professionnelles, on agira de façon différentes.

Toutefois, pluralité des manières de faire ne veut cependant pas dire relativisme : si certains comportements sont sources de mal-être (de notre part ou de la part de collègues), il semble important d'essayer d'en limiter les effets. Autrement dit, il faut réussir à critiquer les comportements sources de tensions.
Reste que pour arriver à une telle critique, il faudrait commencer par une analyse attentive de ces tensions. Puis mener un réflexion éthique/déontologique sur la question, au niveau de l'ensemble de la profession.
C'est à une telle analyse (compréhensive et critique du milieu professionnel universitaire) qu'appelle cette note...


En attendant qu'une telle enquête soit réalisée et qu'une réflexion collective mise en place, je me permets de mettre à mon tour en scène le travail que j'ai pu réalisé par ailleurs.
Oui, je ne suis plus à une contradiction près !  :D
En même temps, cela vous fera de la lecture, si vous avez un besoin irrémédiable de vous faire un shoot de sociologie durant l'été. Ou alors pour faire une pause pas trop culpabilisante, si jamais vous deviez boucler un mémoire/une thèse/un article/que sais-je/ durant l'été.

Une bonne lecture et encore un bon été à vous =)
NOP

 Publications sur le carnet Hypothèses des étudiant-es du Master Sociologie Générale de l'EHESS 

 L'une de mes missions en tant qu'attaché temporaire d'enseignement et de recherche était d'animer le "carnet Hypothèses" de cette formation. J'y ai rédigé plusieurs articles ayant une visée didactique concrète, constituant des sortes de guides, de recueils d'astuces sur des sujets variés (cf. liste ci-dessous).
Au-delà de cette dimension practico-pratique, ces articles sont également l'occasion pour développer une réflexion plus général sur le travail et le métier de sociologique.
Le tout étant parsemé de blagues discutables et d'images absurdes (on ne se refait pas).
Howard Becker, appréciant l'usage de Gif
dans les articles parlant de sociologie.
  • "Parce que c'est mon projet (de recherche) !" : On vous a demandé de rédiger un projet de recherche et vous n'avez aucune idée de comment vous y prendre ? Cet article vous propose quelques astuces pour vous mettre à la rédaction, mais signale aussi les pièges à éviter ! 
  • "L'art de l'état de l'art en sociologie" : Vous avez un mémoire à rédiger et votre directeur/ directrice exige que vous fassiez un état de l'art... mais vous ne savez pas ce que c'est et vous n'avez pas osé lui demander ? Voici quelques éléments de réponses, sous le regard bienveillant d'Howard Becker. 
  • "Sociologie de l'humour, humour de la sociologie" : Vous pensez que quand même, la sociologie, ça devrait parfois être plus fun ? On est d'accord ! Mais ça ne veut pas dire faire ça n'importe comment ! Tâchons donc de réfléchir à la manière de faire de la sociologie sérieusement, sans se prendre au sérieux.
  • "Observations et enquêtes ethnographiques, trucs et astuces" : Vous aimeriez bien faire de l'ethnographie, mais vous n'avez aucune idée de comment vous y prendre et/ou vous rencontrez des difficultés ? Je vous livre quelques-unes de mes ficelles... mais aussi quelques Gifs de chats trop mignons !

 

Publications sur Twitter

 Comme dit au-dessus, je suis assez actif sur Twitter (peut-être trop... cf. la présente note !).
Il arrive parfois que j'essaie d'y développer un argument sur plusieurs tweets, au point de faire des espèces de mini-articles.
Ces "threads" (auquel vous pouvez accéder en cliquant ici) traitent de multiples sujets, susceptibles de vous intéresser (souvent avec des images assez débiles).

 

Les publications de Léa Mazé (LM)

Si je dessine majoritairement seul sur le blog ces derniers temps, c'est que LM a du travail à se cacher derrière ! Depuis septembre dernier, elle a sorti non pas un, pas deux, mais TROIS albums de BD.
Et elle en sort un autre en septembre prochain.
Et un autre l'année suivante.
(!!!).

Si vous voulez lire de la BD cet été, mais faire un break avec la sociologie, n'hésitez pas à vous ruer chez votre libraire préféré !
  • Elma, Une vie d'Ours :
    Cette série en 2 tomes (co-écrits avec Ingrid Chabbert et publiés chez Dargaud, déjà disponibles) raconte l'histoire d'Elma, petite fille sauvage au tempérament bien trempé, et de son Papa Ours. L'histoire commence lorsque les deux protagonistes prennent la route pour une destination inconnue, peu avant le 7ème anniversaire de la fillette. Le voyage ne sera pas de tout repos et mettra à rude épreuve la belle relation entre Elma et son Ours de père...
    Les planches sont tout simplement à tomber par terre, réalisées sur du papier coloré avec de la gouache, de l'acrylique, du crayon de couleur, du pastel... You name it! C'est tout simplement magnifique.
    Vous ne me croyez pas ? Allez jeter un oeil à ce timelapse de la réalisation d'une planche !
    Et aux albums, tant qu'à faire !

  • Les Croques :
    Cette série en trois tome (aux éditions de la Gouttière, dont le premier tome a été publié en septembre 2018, le 2e le sera en septembre 2019 et le 3e en 2020) est un polar destiné à la jeunesse, mais suffisamment palpitant et complexe pour être apprécié par tous les publics !
    Elle raconte l'histoire de Céline et Colin, deux jumeaux remuant qui peinent à trouver leur place, que ce soit au collège ou chez eux. Et pour cause : ils sont fils et fille d'entrepreneurs de pompes funèbres. "Il en faut", me direz-vous... mais avez-vous pensez aux moqueries que cela peut entrainer dans la cour de récré ? Aux longs moments où les enfants se retrouvent délaissés par des parents surmenés dans leur travail ?
    Pour échapper à cette dure réalité, les enfants s'occupent comme ils le peuvent. Par exemple, en essayant de comprendre ce que signifie cette étrange marque, découverte dans le cimetière. Mais leur enquête va bien vite prendre une tournure inattendue...
    Le premier tome est véritablement palpitant ! Outre le réalisme et la pertinence des thématiques abordées, Léa Mazé nous livre un récit plein de rebondissement, d'humour, mais aussi de frissons.
    Vous ne me croyez pas encore une fois ? Peut-être croirez-vous davantage l'Association des Critiques de BD, qui a décerné au premier tome son prix du meilleur album Jeunesse 2018 !
    Et je peux vous dire que, de ce que j'ai vu, les 2 tomes suivants seront du même acabit ! Et si cette fois vous ne me croyez pas, vous n'aurez qu'à vérifier chez votre libraire favori.  :)




Voilà !
Avec tout cela, vous avez de quoi vous occuper pendant un moment ! :)

Oh, et en passant : dans quelques jours, le blog fêtera ses 6 ans. Quand même !
Pour fêter ça, quelques dessins représentants des moments de quiétude et de sérénité, au sein de ma colocation imaginaire avec Howie.


La recherche, c'est aussi accumuler des expériences et des textes sans savoir quoi en faire

Bonjour tout le monde !

Depuis la dernière note sur le syndrome de l'imposteur (si vous l'avez ratée -> !!!!), je n'ai pas vraiment eu le temps de produire un nouveau long article BD. Mais cela ne veut pas dire que je n'ai pas dessiné. Au contraire !
Ayant récemment retrouvé une boite de "stylos tubulaires" à encre de chine, j'ai fait pas mal de croquis. Si vous avez un compte Twitter, vous pouvez les retrouver avec le mot-dièse #PassionRotring.

Afin de tester cet outil sur des planches de BD, j'ai scénarisé vite fait une courte note. Bon, le scénario ne casse pas des briques, mais l'objectif était surtout de m'entrainer à l'encrage : énergie du trait évidemment, mais aussi équilibre du noir et du blanc, travail sur les contours des cases pour qu'ils soient variés/aient du sens, etc.
Ce n'est pas vraiment abouti, notamment la forme des bulles (Iiik, mes yeux!) et la typo (j'espère que ça reste lisible)... Malgré tout, je me suis dit que ça valait le coup d'être posé ici. Après tout, le blog a aussi vocation à essayer des choses !

Une 50ème note (!!!) sous le signe de l'expérimentation et de la volonté de progresser, donc !

Bonne lecture ! :)

NOP

P.-S. Au passage, quelques infos de calendrier (mais si vous voulez vraiment vous tenir au courant de l'actualité du blog, mieux vaut suivre le blog sur les réseaux sociaux en cliquant sur les icônes en  haut à droite): 




Et dire de fêter ce 50ème article, un scan d'une double page de croquis réalisés avec le même stylo.

La recherche, c'est aussi avoir le sentiment d'être un imposteur...

Bonjour tout le monde,
[NB -> English version here]

Petite introduction aux planches ci-dessous
(la lecture n'est pas nécessaire pour la compréhension de la BD.
Si vous avez la flemme, scrollez ! 😉)
 
Cela fait longtemps que je n'ai pas fait de note. Et pour cause : entre la thèse, les enseignements et les projets de publication en dehors du blog, difficile de trouver du temps pour dessiner !

Surtout, c'est souvent dur de se sentir légitime à traiter de tel ou tel sujet... et plus dur encore de tenter de le raconter en BD, avec un dessin hésitant et une maitrise très relative de l'outil.
Même après 5 ans de blog (!!), chaque article est une source d'angoisses et d'appréhensions : Est-ce que je ne dis pas n'importe quoi ? Est-ce qu'on comprend ? Est-ce que le dessin est lisible ? Que vont penser les gens? Etc.
Beaucoup de notes n'ont ainsi jamais vu le jour. Si le manque de temps est souvent une vraie raison pour ne pas publier, il s'agissait aussi parfois d'une excuse pour ne pas avoir à réaliser une BD que j'imaginais, par anticipation, pas assez bonne et donc non assumable.

Ces petits tourments n'ont rien d'original. Il suffit de discuter avec quelques chercheur-ses : beaucoup sont celles et ceux qui souffrent d'un syndrome de l'imposteur. Du coup, la question se pose : si ce phénomène est si répandu, ne serait-il pas social/collectif, plutôt que psychologique/individuel ?

La note ci-dessous propose des éléments de réponses.
Elle est incomplète, imparfaite et sans doute l'une des moins bien documentées du blog. Pour tout dire, cela fait même 3 mois que je me trouve des excuses pour ne pas la faire.
Mais il s'agit aussi d'un sujet qui me semble particulièrement important, voire carrément préoccupant quand on voit l'effet que ce syndrome de l'imposteur peut avoir sur les chercheur-ses (autocensure, abandon, dépression,...).

Donc voilà : c'est une note bancale, approximative, mais aussi peut-être la plus personnelle. En espérant qu'elle puisse faire sens pour certain-es d'entre vous.

Bonne lecture !
NOP