Vers l'infini, et au-delà !




Eh oui, il est temps de se rendre à l'évidence après de longues années sans mise à jour : le blog, c'est fini !
Mais la sociologie en bande dessinée, ça non ! Ça, ce n'est pas fini ! Loin de là. 

Depuis la création du blog en 2013, nous avons eu l'occasion de tester de nombreuses choses. Cela nous a donné également de nombreuses opportunités, pour discuter avec des personnes passionnantes et généreuses. Que de bonheurs nous avons eus !

Si nous avons progressivement délaissé le blog, c'est qu'au fil de notre parcours, nous avons pu intégrer toujours plus nos milieux professionnels respectifs. Et, de ce fait, nous avons investis d'autres espaces de publication, soit dans le milieu de la BD, soit dans le milieu académique. 
Et nous travaillons toujours à créer des passerelles pour que ces deux communautés de métier s'emmêlent ! 

Sans compter que de nombreuses personnes ont pris le relai et se sont à leur tour investies corps et âmes dans les sciences sociales dessinées !
Par exemple le collectif réuni autour de la revue L'imposteur (dont le premier tome est en cours de bouclage). Ou le jeune collectif "La Galère" qui réunit de jeunes chercheurs et chercheuses voulant utiliser la BD. Mais aussi les Presses Universitaires de Montréal qui ont lancé leur collection "Enquêtes scientifiques" consacré aux écritures graphiques. Et bien d'autres encore ! 
Croyez-nous : vous n'avez encore rien vu ! :)

Lors d'une telle annonce, les remerciements sont évidemment de rigueur. Impossible néanmoins de faire des messages individuels tant l'expérience a été longue, mais en guise de notre reconnaissance, un immense MERCI à toutes et tous pour vos retours, vos encouragements, votre soutien, les opportunités et tout le reste !

Le blog restera évidemment en ligne, tel un témoignage de cette longue période d'expérimentations (n'hésitez pas à aller consulter compulsivement les archives).
Si vous voulez continuer à suivre notre travail, vous pouvez jeter un oeil aux liens ci-dessous. 
Et évidemment, vous pouvez toujours nous contacter si vous voulez échanger à propos des liens BD et sciences sociales (idéalement sur cette adresse) !

Au plaisir d'échanger avec vous et merci encore, pour tout ! <3




Pour Léa Mazé (a.k.a. LM)



Pour Pierre Nocérino (a.k.a. NOP)





[Annonce] Soutenance de thèse sur les auteurs et autrices de BD

 Bonjour à toutes et tous,

Après 6 ans de travail acharné, ma thèse sur les auteurs et autrices de bande dessinée est enfin terminée ! Elle s'intitule "Les auteurs et autrices de bande dessinée. La formation contrariée d'un groupe social".


La soutenance aura lieu le vendredi 27 novembre 2020, à partir de 9 h, face à un jury composé de Cyril Lemieux (EHESS, directeur de la thèse), Sylvain Lesage (Université de Lille), Arnaud Mias (Université Paris-Dauphine, rapporteur), Erik Neveu (IEP de Rennes), Gwenaële Rot (IEP de Paris, rapportrice) et Bénédicte Zimmermann (EHESS).

Il sera possible d'assister à la soutenance via une plateforme en ligne. L'accès y est libre, dans la limite des places disponibles : si cela vous intéresse, envoyez-moi un mail à l'adresse pierre.nocerino@gmail.com

 

Pour vous faire patienter, voici quelques images du manuscrit qui sera défendu ! Il me faut immédiatement remercier Morgane Parisi qui a réalisé, avec brio, la maquette (allez voir ses travaux, c'est formidable !).


 Merci aussi à Léa Mazé avec qui j'ai réalisé la couverture.


Par ailleurs, Léa m'a aussi beaucoup aidé à réaliser les couleurs des planches de BD qui sont dans la thèse. Car oui, il y a de la bande dessinée dans cette thèse sur la bande dessinée !:D

 

 Si vous voulez vous faire une idée de ce qu'il y sera abordé, un texte de présentation ainsi que deux planches de BD synthétiques sont consultables sur le site internet de mon laboratoire de recherche.

Voilà. J'espère que le manuscrit sera très vite disponible (il faut attendre la validation du jury, puis de l'École doctorale pour le diffuser), afin que vous puissiez le consulter rapidement. Et je tâcherai également de transformer ce joli pavé universitaire (562 pages, quand même) en un livre plus accessible !  

À très vite pour la suite, donc ! :)


 

Varia 2020

Bonjour à toutes et tous,

J'espère que tout se passe pour le mieux de votre côté, malgré la situation actuelle.
Par ici, c'est un peu calme car la grande période de la rédaction de thèse a commencé !
Et c'est un peu long.

En attendant de vous proposer de nouvelles planches, voici quelques petites choses publiées ça et là à d'autres endroits ! En espérant pouvoir vous montrer d'autres choses bien vite !
D'ici là, beaucoup de courage à vous pour cette étrange période !

Journal de confinement interactionniste 

Quelques petits dessins réalisés autour d'une idée déjà un peu explorée (cf. ici en bas de note) : ça ferait quoi d'être en colocation avec des interactionnistes ?
La même chose, mais "confinement édition", donc !
Le "sale boulot" est une idée développée par Everett C. Hughes (ici avec le masque) et repris par nombre de ses élèves (parmi lesquels Howard Becker et Erving Goffman, représentés ici derrière la porte). L'idée est simple : il y a, dans tout travail, une partie de "sale boulot" que personne ne veut faire. L'un des enjeux pour les professionnels est donc de réussir à se dédouaner du sale boulot sur les subalternes (soit un corps professionnel situé en dessous dans la hiérarchie, soit le petit nouveau qui vient de débarquer dans le métier). 

Avant de commencer sa thèse, Donald Roy a fait divers petits boulots, dont un dans une usine à la chaine. Le boulot si ennuyeux que Donald développe des petits jeux de travail, se lançant des petits défis. Mais très vite, l'ennui revient. En observant ses collègues, il se rend compte que ceux-ci se livrent à des petits rituels : des thématiques de discussions qui reviennent souvent, ou des temps particuliers qui rythment leur journée et qui fait souvent l'objet d'une annonce.
C'est le cas du "Banana time !", lancé par l'un de ses collègues qui, chaque jour, dérobe une banane dans le sac d'un autre collègue avant de la manger sous le nez de ce dernier. Donald Roy s'étonne que celui-ci continue, jour après jour, à amener une banane alors même qu'il ne la mange jamais. Il en conclut que ces temps (au même titre que les thèmes de discussion) constituent des moments de satisfactions aux travailleurs, permettant de tromper l'ennui mais aussi de créer une sorte de solidarité de groupe.
Jusqu'au jour en tout cas où un trouble vient jeter la discorde au sein du petit groupe de travailleur...
(pour connaitre les effets de ce trouble, je vous invite à lire l'article, disponible ici ! Eh oui : il faut absolument lire Donald Roy !!)

 

Auteurs et autrices de BD : Les grands vainqueurs du confinement?

Un petit texte réalisé pour une lettre interne à mon laboratoire. La thématique était la suivante :
Qu'est-ce que le confinement change sur vos terrains respectifs ?

Scotchant sur le générique de votre cinquième film du week-end, vous vous êtes peut-être dit « Il en faut du monde, pour produire un film… ça va être compliqué avec le confinement, tiens ! ».

La bande dessinée, elle, nécessite beaucoup moins de personnes qu’un film pour être produite. Certes, la chaine du livre implique pas mal d’intermédiaires entre l’auteur et son lectorat (éditeur, imprimeur, libraire,…) et la production d’ouvrages papier risque bien, elle aussi, de diminuer. Toutefois, depuis maintenant quelques années, les auteurs et autrices de bd ont pu investir les outils numériques, que ce soit dans la production mais aussi la diffusion (d’abord via les blogs-bd, maintenant sur Twitter ou Instagram). Les auteurs de bd n’ont ainsi jamais autant été aussi autonomes dans leur capacité à produire et diffuser leurs travaux. Plus encore, les auteurs de bd sont déjà habitués au télétravail (plus de 70% travaillent à leur domicile). Ils se plaisent d’ailleurs à raconter leur « bouclages », ces moments de travail intensif où ils peuvent rester confinés pendant plusieurs semaines afin de finir un album.

Les auteurs de bd seraient-ils alors les grands vainqueurs de ce confinement ? Pas vraiment. Pas du tout, en réalité. En effet, si le cœur de leur métier consiste bien à produire des planches, une part conséquente de leurs rémunérations est liée à des activités dites « accessoires » : interventions scolaires, conférences en festival, animation d’ateliers d’écriture ou de dessin, etc. Malgré leur appellation, ces revenus sont loin d’être accessoires pour de nombreux professionnels. Or, avec les annulations des différents festivals ou autres rencontres littéraires, nombre d’auteurs de bd ont subi une perte drastique de revenus. Ajoutons à cela le fait que les ventes de livres s’effondrent et que certains éditeurs décident de repousser certains projets : l’inquiétude est grandissante chez ces professionnels.

Pour ces auteurs de bd, ce n’est donc pas leur propre confinement qui fait épreuve, mais plutôt celui des autres membres de leur monde. Plusieurs collectifs ont essayé de transformer cette épreuve en problème public, faisant appel à la responsabilité politique de l’État. Ce dernier en appel plutôt aux responsabilités des maisons d’édition et évènements littéraires, les invitant à maintenir, malgré tout, leurs rémunérations. C’est donc finalement bien souvent l’auteur qui se retrouve responsable, devant convaincre ses interlocuteurs de se montrer solidaire afin de lui permettre de poursuivre son activité. Si les auteurs ont pu gagner en autonomie grâce aux outils numériques, ils n’ont jamais tant été contraints d’être autonomes.


(NB : la ligue des auteurs professionnels a récemment publié les premiers résultats d'une enquête à propos de cette perte de revenu des auteurs et autrices. Les pertes sont en effet considérables pour un grand nombre de personnes...)

 

Conférence "BD et sciences sociales" à l'EHESS

Le 27 février dernier, l'association Alumni EHESS organisait une conférence "Dessine-moi les sciences sociales" où j'ai eu la chance d'intervenir avec plein de personnes fort sympathiques !
Voici le dessin réalisé pour annoncer ma participation...
(Note : la conférence a été filmée, vous pourrez retrouver la vidéo en dessous des dessins)





Petit bonus, à propos des injonctions au travail en cette période de confinement

Petite réflexion sur twitter à propos d'une certaine tendance au sein du milieu de l'Enseignement supérieur et de la recherche (ESR) à demander toujours plus de travail.